Les supers-héros à l’assaut de l’art contemporain !

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Les super-héros à l’assaut de l’art contemporain

Stars incontestées des Comics, les super-héros font depuis plus de trente ans les beaux jours des salles obscures. Après quelques années de déshérence, ils reviennent en force, investissant le cinéma mais également les galeries d’art et les musées. Retour sur un phénomène qui ne semble plus avoir de limites. 

Outre-Atlantique, les super-héros ont eu depuis la fin du XIXe siècle une place de choix, révélant les grands maux et les grandes espérances de la civilisation américaine. Devenus les divinités du Nouveau Monde, ils portent en eux les thèmes forts d’une époque, les attentes d’une société nouvelle à construire, à corriger. Si leur aura est moindre sur le Vieux Continent, les métahumains, qui se costument, se griment pour cacher leur identité terrestre, sont devenus les miroirs d’une époque. Ainsi, Wonder Woman est le symbole d’un féminisme fort et Gotham City stigmatise la peur viscérale de la solitude et de l’insécurité inhérentes aux grandes villes. Nul étonnement à voir cette thématique investie par de nouvelles formes artistiques. C’est par exemple en mêlant les références, à l’instar d’un Charlie Chaplin qui cache sa panoplie de superman, que le jeune artiste Julien Durix délivre son message sur notre époque. Un message qu’Anthony Lister, artiste australien, transmet quant à lui en donnant des airs presque grotesques à ses supers héros aux contours floutés, à découvrir sur les murs du monde entier.

Mélange des genres

Exploitant nos peurs, soulignant nos angoisses et incarnant nos aspirations, nos rêves, ces idoles d’un nouveau genre ne pouvaient qu’intéresser le champ des arts graphiques et plastiques. Objets de nos fantasmes, héros d’un monde fracturé, abîmé, ils se glissent insidieusement dans nos peintures d’antan. Ainsi, le photographe Sacha Goldberger, jouant des anachronismes, intègre les super-héros à des œuvres qui rappellent les tableaux des maîtres flamands du XVIsiècle. Dans un style maniériste, on découvre ainsi un C-3PO  de Star Wars avec une fraise blanche éclatante autour du cou, ou bien une Catwoman, féline en diable dans une robe noire digne de la Reine Margot. Figure de proue du ” geek art”, Grégoire Guillemin, alias Léon, mixe quant à lui nouvelles technologies et art plastiques en travaillant d’abord sur ordinateur avant de poser la peinture acrylique sur ses toiles. Dans la pure tradition classique, le photographe Travis Durden s’inspire de la statuaire antique et vient greffer sur les visages de marbre, les têtes de Yoda ou de Dark Vador. Récemment, en collaboration avec l’artiste belge Jason Koxvold, ce dernier a édité une série limitée d’œuvres qui croise habilement deux tendances artistiques : les lieux en décrépitude et les super-héros. On peut sur l’une de ses créations découvrir Batman assis, perdu dans ses pensées, au centre d’une immense pièce aux murs défraîchis. Quant à Anthony Knapik-Bridenne, il crée virtuellement des masques en bois de figures emblématiques de la pop culture, tel Goldorak ou Sonic.

La consécration muséale

Devant ce phénomène grandissant qui touche toutes les formes d’expression artistique, les galeries d’art n’ont pas tardé à investir cette tendance. Ainsi à Paris, en plein cœur du Marais, la galerie Sakura s’est spécialisée dans ce registre artistique, consacrant presque une fois par an une exposition aux super-héros, à Star Wars, et autres thématiques de la pop culture. C’est d’ailleurs le cas depuis le 15 mars, où, durant 3 mois, 40 artistes internationaux présentent leurs créations sur le thème de ces héros “Super-Normaux II”. Face à cette déferlante, les grandes institutions ne sont pas en reste. Depuis 2013, sur les bords de Seine, un musée consacré aux arts ludiques a ouvert ses portes. Accrochant régulièrement à ses cimaises des œuvres représentant non seulement les emblématiques héros de Disney, mais aussi ceux de DC Comics, ils exportent depuis peu leurs expositions à travers le monde. Après Melbourne et Tokyo, c’est au tour de Londres et Séoul d’accueillir comme il se doit nos métahumains portant masques et collants. Consécration ultime du mariage des héros de notre enfance et de l’art contemporain : l’exposition «  Mythes fondateurs. D’Hercule à Dark Vador » qui s’est tenue en 2016 dans le plus grand musée du monde, le Louvre.

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